
Il revendique une seule méthode depuis vingt ans. « Vous me présentez un problème, et je vous propose une solution financière et le meilleur partenaire technique pour le résoudre. C’est ce que je fais depuis vingt ans. » Cette phrase de Samba Bathily, prononcée dans un entretien accordé à Jeune Afrique, résume mieux que n’importe quel organigramme ce que représente ADS Group sur le continent.
Le groupe n’a pas été bâti sur une rente ou un monopole d’État. Il s’est imposé comme une machine capable d’assembler des capitaux, des technologies et des volontés politiques pour faire sortir de terre des barrages, des réseaux numériques, des centrales solaires et des usines.
Avec 240 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel confirmé dès 2023 et des opérations dans 18 pays, le fondateur d’Africa Development Solutions est l’un des rares entrepreneurs africains à avoir fait de la structuration financière un modèle d’affaires continental.
Samba Bathily naît à Badalabougou, un quartier de Bamako. Son père est commerçant, ancien député de la région de Kayes, et premier Malien à avoir décroché une licence d’exportation de pétrole face à des multinationales comme ELF et Texaco. Dans cette maison, le commerce n’est pas une ambition. C’est un héritage.
Le jeune Samba observe et apprend de cet univers. Quand il suit ses cours à l’ENA de Bamako, il prend son argent de poche pour acheter des distributeurs de pompes à essence. Il les installe dans plusieurs communes du district, sous l’enseigne qu’il baptise “Pachenko Petroleum”. Il achète 1 000 litres à crédit, vend, rembourse, recommence. Il gagne ses premiers francs CFA en dehors de la maison familiale, seul, par la débrouille.
Son ambition initiale était académique. Il part en Belgique étudier le droit à l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve. Un problème de visa met fin à deux ans d’études. Il rentre au Mali sans diplôme. Il aurait pu y voir un échec. Il y voit un signal.


